Où sont hébergées les données à Madagascar : site, messagerie et DNS des secteurs que la loi nomme

Le projet de loi n° 040/2026 prévoit que les données essentielles vivent sur le territoire national, et nomme trois secteurs : l'État et l'administration, la finance, la santé. Un indice public lit chaque semaine, sur le réseau, d'où répondent leurs systèmes. Voici la lecture du 5 septembre 2026, et ce qu'une entreprise concernée en retient.

Publié le 7 septembre 2026 118 systèmes, relevés le 5 septembre 2026

40,7 %des systèmes servent leur site depuis un réseau enregistré à Madagascar
41,0 %y reçoivent leur courrier
6,8 %y font tenir leur DNS faisant autorité, c'est-à-dire leur nom

Trois axes, et ce que chacun dit de vos données

L'indice ne lit pas le contenu d'un système : il regarde d'où ce système répond, sur trois axes que n'importe quel navigateur interroge avant d'afficher une page ou de remettre un message. Pour une entreprise, chacun répond à une question différente.

Le site. Le réseau qui sert vos pages. C'est la vitrine, la partie la plus visible ; le texte, lui, parle des données, qui sont rarement là.

La messagerie. Le réseau qui reçoit votre courrier, donc l'endroit où vivent vos boîtes : contrats, factures, dossiers du personnel, échanges avec vos clients. Pour la plupart des organisations, c'est là qu'est l'original des données que le texte demande de garder dans le pays.

Le DNS faisant autorité. Les serveurs qui tiennent votre nom et disent à tout internet où sont votre site et votre messagerie. Qui les tient peut changer l'adresse de l'un et de l'autre.

Axe Part nationale Derrière un frontal anycast Systèmes qui placent un hébergement
Le site 40,7 % 7,4 % 91,5 %
La messagerie 41,0 % 0,0 % 70,3 %
Le DNS faisant autorité 6,8 % 9,4 % 99,2 %

Les trois axes se lisent ensemble : un système peut servir son site depuis le pays et recevoir son courrier à l'étranger, et c'est la messagerie qui dit où sont les données. La part derrière un frontal anycast est publiée à côté de chaque chiffre : un tel frontal répond de partout, et le relevé ne tranche pas à sa place.

Par secteur : les trois que nomme l'article 11

Le recensement suit le texte : les 118 systèmes sont ceux de l'État et de l'administration publique, du secteur financier et du secteur de la santé. La part est celle des systèmes dont l'axe place un hébergement ; entre parenthèses, leur nombre ; la dernière colonne donne l'effectif recensé du secteur.

Secteur Site Messagerie DNS faisant autorité Systèmes
État et administration publique 47,8 % (90) 43,3 % (67) 5,1 % (99) 100
Secteur financier 7,1 % (14) 25,0 % (12) 14,3 % (14) 14
Secteur de la santé 0,0 % (4) 50,0 % (4) 25,0 % (4) 4

L'État est le secteur le plus présent sur le territoire pour son site et pour son courrier, près d'un système sur deux, et le moins pour son nom : cinq systèmes sur cent y font tenir leur DNS. Dans le secteur financier, un seul des quatorze systèmes sert son site depuis un réseau du pays, trois des douze qui placent une messagerie y reçoivent leur courrier, deux y font tenir leur nom.

Le secteur de la santé compte quatre systèmes au recensement : à cette échelle, les parts se lisent comme des effectifs. Aucun des quatre ne sert son site depuis le pays, deux y reçoivent leur courrier, un y fait tenir son nom.

D'où répondent les sites

Le pays d'enregistrement du réseau qui annonce chaque adresse servant le site. Un système qui répond depuis deux pays compte dans les deux, donc la colonne dépasse le nombre de systèmes.

Pays Systèmes
Madagascar 44
États-Unis 31
France 12
Royaume-Uni 9
Allemagne 7
Canada 4
Afrique du Sud 1

Madagascar vient en tête avec 44 systèmes, les États-Unis suivent avec 31, puis la France avec 12. Pour les sites servis depuis l'extérieur, la réponse vient d'abord d'Amérique du Nord et d'Europe, là où vivent les grands hébergeurs et d'où répondent aussi les frontaux mondiaux.

Le nom, l'axe le plus souvent hors du pays

6,8 % des systèmes font tenir leur DNS faisant autorité par un réseau enregistré à Madagascar, et 9,4 % par un frontal anycast, qui répond de partout. Pour les autres, un peu plus de huit sur dix, le nom est tenu par un réseau enregistré dans un autre pays, le plus souvent chez un grand fournisseur de DNS.

Le texte parle des données, et le DNS n'y figure pas. Il compte pourtant pour une entreprise qui ramène ses données dans le pays : c'est lui qui dit à tout internet où sont son site et sa messagerie, et il se déplace en une journée, avant ou après le reste. C'est le premier des trois axes qu'une entreprise peut reprendre en main, et le plus simple à déplacer.

Ce que le territoire peut accueillir

Le pendant de l'obligation : ce que le pays compte de réseaux, d'adresses et de centres de données pour recevoir ce que le texte demande d'y garder. Relevé du 5 septembre 2026 sur les fichiers de délégation d'AFRINIC et sur les recensements publics de centres de données.

11systèmes autonomes enregistrés à Madagascar auprès d'AFRINIC
579 840adresses IPv4 allouées au pays
3centres de données recensés, chez un seul opérateur, dont un de niveau Tier III à Antananarivo

Trois de ces onze réseaux servent les 44 sites du recensement hébergés dans le pays, et l'un d'eux en sert 42. L'article 10 réserve l'hébergement pour des tiers aux opérateurs de centres de données certifiés, aux normes ISO ou au niveau Tier III de l'Uptime Institute, suivant une liste fixée par arrêté : cette liste se constituera dans ce parc, et elle reste à publier.

L'article 11 ouvre une seconde voie aux entreprises, « des infrastructures publiques ou privées dédiées » : un serveur dans leurs propres locaux, qui n'attend pas l'arrêté. Les trois options, critère par critère : cloud souverain, centre de données certifié ou serveur chez vous.

Ce qu'une entreprise concernée en retient

Le relevé porte sur les trois secteurs que le texte nomme, mais la question qu'il pose vaut pour toute entreprise établie à Madagascar qui compte cinquante employés ou plus, ou qui dépasse un milliard d'ariary de chiffre d'affaires : où est aujourd'hui l'original de vos données ? Pour la plupart des entreprises, la messagerie répond à cette question, et elle est chez un fournisseur en ligne dont les serveurs sont en Europe ou aux États-Unis. Qui est concerné, et ce que le texte dit exactement.

Le texte autorise une copie hors du pays dès lors que l'original y est : il ne demande pas de renoncer à une sauvegarde à l'étranger, il demande de savoir laquelle des deux est l'original. Par où commencer, en six étapes.

Enfin, le relevé date une situation, pas une règle : le texte a été renvoyé à une prochaine session, ses modalités dépendront d'un décret, et l'indice est relu chaque semaine. Ce qui bouge se verra à la semaine près.

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Méthode

Cadre : le recensement daté de l'indice (version 2026.1, 118 systèmes), constitué depuis les journaux de transparence des certificats pour l'État et l'administration publique, et depuis les registres publiés pour les secteurs financier et de la santé. L'unité est le système, un site, une plateforme ou un service, et non l'organisation : une administration en tient souvent plusieurs, et ce sont ces plateformes que vise l'obligation. Une entité qui sort du recensement est retirée, ses lectures passées restant dans la série.

Chaîne de lecture : chaque semaine, les enregistrements A, AAAA, MX et NS de chaque système sont résolus depuis le résolveur public 1.1.1.1, puis chaque adresse est attribuée au système autonome qui l'annonce, par le service DNS de Team Cymru. Le pays retenu est celui de l'enregistrement de ce réseau auprès de son registre régional, recoupable sur les fichiers de délégation publiés chaque jour.

Ce qui compte comme national : un axe l'est quand toutes ses adresses résolues sont annoncées depuis un réseau enregistré à Madagascar ; étranger quand aucune ne l'est ; intermédiaire dès qu'une adresse appartient à un frontal anycast de la liste publiée avec la méthode, parce qu'un tel frontal répond de partout et ne dit rien de l'origine ; mixte quand les deux coexistent. Les parts sont calculées sur les systèmes dont l'axe place un hébergement, soit 91,5 % du recensement pour le site, 70,3 % pour la messagerie et 99,2 % pour le DNS ; la part derrière un frontal est publiée à côté de chaque chiffre.

Ce qui n'a pas été lu : rien qui demande un accès à un système, à ses données ou à son administration. Une résolution DNS publique par enregistrement, la même que celle qu'exécute un navigateur avant d'afficher une page.

Portée : le recensement couvre les trois secteurs que nomme l'article 11, et rien d'autre ; il ne dit pas où sont hébergées les entreprises hors de ces secteurs. Le pays d'enregistrement d'un réseau est une qualité administrative, celle-là même sur laquelle le texte fait reposer l'obligation ; une machine peut être ailleurs que son réseau. Cette page ne nomme aucun système ni aucun réseau : les chiffres sont des agrégats par secteur, par pays et par effectif.

Source et réutilisation

Les chiffres viennent d'un indice public qui publie son recensement daté, sa méthode versionnée et sa série hebdomadaire, lu le 5 septembre 2026. Les trois axes sont servis en JSON, avec leur couverture et leur part derrière un frontal, et se rejouent.

Voir l'indice et sa méthode (Stileex)

API JSON

L'indice est relu chaque lundi ; une migration se date donc à la semaine près, et c'est ce qui dira, texte voté ou non, dans quel sens le pays bouge.

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